{"id":981,"date":"2009-06-26T10:43:34","date_gmt":"2009-06-26T08:43:34","guid":{"rendered":"http:\/\/egophobia.ro\/?p=981"},"modified":"2009-07-04T15:35:15","modified_gmt":"2009-07-04T13:35:15","slug":"levolution-de-la-mode-dans-les-territoires-roumains-de-1711-a-1950-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/egophobia.ro\/?p=981","title":{"rendered":"L&#8217;\u00e9volution de la mode dans les territoires roumains de 1711 \u00e0 1950 [II]"},"content":{"rendered":"<p align=right>par le Dr. Adrian-Silvan Ionescu<br \/>\ntraduit du roumain par Cristina Anghel\u00a0\u00a0<\/p>\n<p align=justify>Toutes les dames avaient commenc\u00e9 \u00e0 porter l&#8217;imposante crinoline. \u00c0 partir de 1835-1840, la jupe prend de l&#8217;ampleur et est soutenue de nombreux jupons superpos\u00e9s. Bien qu&#8217;en tissu fin, ces jupons, dont le nombre pouvait aller jusqu&#8217;\u00e0 12, \u00e9taient empes\u00e9s pour maintenir la forme de la jupe, devenant ainsi lourde et g\u00eanante pour la d\u00e9marche. \u00a0<\/p>\n<p align=justify>Afin de diminuer le nombre des jupons et le poids transport\u00e9 par la femme rien que pour la mode, des mati\u00e8res plus rigides, du coton ou du lin, m\u00e9lang\u00e9es \u00e0 du poil de cheval, ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9es. Le terme de crinoline a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence au crin qui d\u00e9signe le poil garnissant l&#8217;encolure et la queue des chevaux. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p align=justify>Ainsi, le nombre des sous-jupes a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement r\u00e9duit au nombre de quatre: une premi\u00e8re sous-jupe, en trame de crin tr\u00e8s serr\u00e9e, ayant une circonf\u00e9rence de 3-4 m, une sous-jupe garnie en haut de baleines et d&#8217;ouate des genoux aux talons, une troisi\u00e8me sous-jupe aux volants empes\u00e9s, et la derni\u00e8re en mousseline sur laquelle on mettait la jupe. Une dame ne pouvait pas s&#8217;habiller toute seule et l&#8217;aide d&#8217;une femme de chambre lui \u00e9tait indispensable pour superposer dans l&#8217;ordre toutes ces sous-jupes. \u00a0<\/p>\n<p align=justify>\u00c0 son tour, la jupe \u00e9tait pr\u00e9vue avec cinq os de baleine, pour chaque pli, afin de ne pas modifier la forme et faire dispara\u00eetre la richesse des fronces. Un autre cercle d&#8217;os, de grandes dimensions, soutenait l&#8217;ourlet pour que le bas ne colle pas aux jambes et g\u00eane le d\u00e9placement. D&#8217;autres baleines permettaient le passage de la poitrine \u00e0 la taille, pour une taille de gu\u00eape. Entre 30 et 40 m de tissu \u00e9taient n\u00e9cessaires pour une telle robe. \u00a0<\/p>\n<p align=center><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/egophobia.files.wordpress.com\/2009\/06\/18-alexandrina-gradisteanu-1872-sz2.jpg?w=812\" async\" src=\"http:\/\/egophobia.files.wordpress.com\/2009\/06\/6-elena-salmen.jpg\" ><br \/>\n[Elena Salmen, collection\u00a0 Dr. Adrian-Silvan Ionescu]<\/p>\n<p align=justify>Une dame respectable doit avoir dans sa garde-robe des tenues pour chaque saison et moment de la journ\u00e9e, correspondant sp\u00e9cifiquement \u00e0 chaque activit\u00e9 effectu\u00e9e. Ainsi, il y avait les tenues de matin, d&#8217;apr\u00e8s-midi, de soir\u00e9e, de visite et de promenade (\u00e0 pied ou en cal\u00e8che). Les tenues \u00e9taient diff\u00e9rentes, selon qu&#8217;on \u00e9tait l&#8217;invit\u00e9e ou la ma\u00eetresse de maison. Il y avait des tenues pour la f\u00eate estivale \u00e0 la campagne ou aux bains, \u00e0 la montagne ou \u00e0 la mer. Les dames sportives se devaient d&#8217;avoir un costume de cavali\u00e8re et pour les plus courageuses, l&#8217;\u00e9quipement de chasse. \u00c0 partir du 20\u00e8me si\u00e8cle sont apparues aussi des tenues de cyclisme, d&#8217;automobilisme et d&#8217;aviation. La tenue de soir\u00e9e \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante: la femme \u00e9tait oblig\u00e9e de montrer son cou, les \u00e9paules et les bras, dans une fastueuse robe d\u00e9collet\u00e9e, par\u00e9e de bijoux. Il y avait des niveaux de sobri\u00e9t\u00e9 dans toutes ces tenues : celles de th\u00e9\u00e2tre, op\u00e9ra, d\u00eeners et soir\u00e9es \u00e9taient plus sobres, les d\u00e9collet\u00e9s y \u00e9taient plus l\u00e9gers, les \u00e9paules couvertes et les ornements utilis\u00e9s avec parcimonie tandis que les tenues de gala et de bal \u00e9taient tr\u00e8s luxueuses, en tissus pr\u00e9cieux, garnies de dentelles, rubans et pierres, et excessivement d\u00e9collet\u00e9es. En guise d&#8217;accessoires indispensables, on comptait les gants, l&#8217;\u00e9ventail et le lorgnon, et, pour les soir\u00e9es dans\u00e9es, le carnet de bal avec des couvertures d&#8217;or ou d&#8217;argent et des pages fines en ivoire o\u00f9 \u00e9taient marqu\u00e9es, \u00e0 la plume en m\u00e9tal pr\u00e9cieux, l&#8217;ordre des danses et des partenaires. \u00a0<\/p>\n<p align=justify>Au fur et \u00e0 mesure du temps, la coquetterie diminue. La Grande Guerre (1914-1918) y a mis un coup de frein avec l&#8217;augmentation du prix des textiles, la diminution du nombre des couturiers &#8211; envoy\u00e9s sur le front &#8211; et la conscience de la n\u00e9cessit\u00e9 de sobri\u00e9t\u00e9 chez les femmes de bonne condition. La femme ne m\u00e8ne plus exclusivement une vie d&#8217;int\u00e9rieur, au profit de sa famille, mais se pr\u00e9sente aussi comme tr\u00e8s active en soci\u00e9t\u00e9. Ainsi, les jupes sont raccourcies pour faciliter le d\u00e9placement \u00e0 pied. Les v\u00eatements sont faits en tissus commodes et r\u00e9sistants, dans des tonalit\u00e9s sobres. Le tailleur d\u00e9barque. Les chapeaux, qui avaient connu des dimensions exag\u00e9r\u00e9es dans la premi\u00e8re d\u00e9cade du 20\u00e8me, ont des petits bords et couvrent les yeux. <\/p>\n<p align=justify>Une fois le cauchemar de la guerre finie, la soci\u00e9t\u00e9 sent le besoin de r\u00e9agir contre les manques engendr\u00e9s par le conflit, en menant dans les ann\u00e9es 20 une existence \u00e9panouie et luxurieuse, d&#8217;o\u00f9 le nom d&#8217;ann\u00e9es folles. De nouvelles danses apparaissent, comme le charleston, qui met \u00e0 la mode les robes sac, sans taille et allant jusqu&#8217;aux genoux, pour permettre des mouvements agit\u00e9s. Le corset avait d\u00e9j\u00e0 disparu depuis longtemps. Les nuances tr\u00e8s sombres ou tr\u00e8s claires, comme le noir et le blanc, avec des paillettes g\u00e9om\u00e9triques ou phytomorphes avaient la pr\u00e9f\u00e9rence. Les fourrures sont toujours aussi importantes : les manteaux avaient des cols et des manches en renard blanc ou argent\u00e9, mais il y avait aussi des manteaux entiers en fourrure et des \u00e9toles en fourrure pr\u00e9cieuse, port\u00e9es sur les \u00e9paules nues dans les tenues de soir\u00e9e \u00e0 la place des ch\u00e2les d&#8217;autrefois. <\/p>\n<p align=center><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/egophobia.files.wordpress.com\/2009\/06\/14-trei-domni.jpg?w=570\" ><br \/>\n[Trois Hommes,\u00a0collection \u00a0Dr. Adrian-Silvan Ionescu]<\/p>\n<p align=justify>Une fois le cauchemar de la guerre finie, la soci\u00e9t\u00e9 sent le besoin de r\u00e9agir contre les manques engendr\u00e9s par le conflit, en menant dans les ann\u00e9es 20 une existence \u00e9panouie et luxurieuse, d&#8217;o\u00f9 le nom d&#8217;ann\u00e9es folles. De nouvelles danses apparaissent, comme le charleston, qui met \u00e0 la mode les robes sac, sans taille et allant jusqu&#8217;aux genoux, pour permettre des mouvements agit\u00e9s. Le corset avait d\u00e9j\u00e0 disparu depuis longtemps. Les nuances tr\u00e8s sombres ou tr\u00e8s claires, comme le noir et le blanc, avec des paillettes g\u00e9om\u00e9triques ou phytomorphes avaient la pr\u00e9f\u00e9rence. Les fourrures sont toujours aussi importantes : les manteaux avaient des cols et des manches en renard blanc ou argent\u00e9, mais il y avait aussi des manteaux entiers en fourrure et des \u00e9toles en fourrure pr\u00e9cieuse, port\u00e9es sur les \u00e9paules nues dans les tenues de soir\u00e9e \u00e0 la place des ch\u00e2les d&#8217;autrefois. \u00a0<\/p>\n<p align=justify>La garde-robe quotidienne des messieurs se diversifie et les tonalit\u00e9s sombres sont abandonn\u00e9es. L&#8217;\u00e9l\u00e9gance britannique d&#8217;inspiration sportive commence \u00e0 prendre en Roumanie, aussi. Les costumes en tweed ou en tissu \u00e0 carreaux sont \u00e0 la mode. La veste est ouat\u00e9e au niveau des \u00e9paules et de la poitrine pour faire croire \u00e0 une morphologie athl\u00e9tique. Les revers sont larges et fins. Les pantalons ont un ourlet retourn\u00e9. Les chapeaux rigides, comme le chapeau melon ou le haut de forme ne sont utilis\u00e9s qu&#8217;\u00e0 des occasions sp\u00e9ciales et sont remplac\u00e9s par des chapeaux plus souples, en feutre, avec le bord rabattu. La <em>borsalina<\/em>, un chapeau en feutre fin, avec le bout du bord relev\u00e9 et couvert de soie \u00e9tait un peu plus difficile \u00e0 entretenir. On pouvait la trouver en nuances allant du gris clair et beige jusqu&#8217;au noir. Pour les jours froids, on mettait un pardessus \u2013 appel\u00e9 <em>loden<\/em> ou <em>raglan<\/em> &#8211; en poil de chameau, tr\u00e8s clair, aux revers larges et au col type ch\u00e2le, cintr\u00e9 sur la taille avec un cordon. Le frac, \u00e0 d\u00e9faut d&#8217;\u00eatre trop \u00e9l\u00e9gant, finit par \u00eatre remplac\u00e9 par le smoking, une veste noire, aux revers en soie, port\u00e9e avec un noeud-papillon noir et une chemise blanche. Ainsi, tous les hommes, fra\u00eechement ras\u00e9s, pommad\u00e9s, les cheveux gomin\u00e9s et brillants, ressemblaient aux acteurs d&#8217;Hollywood. <\/p>\n<p align=justify>Toutes ces tenues sont de rigueur jusqu&#8217;\u00e0 la deuxi\u00e8me Guerre Mondiale. Le tournant communiste et la prise du pouvoir par la classe ouvri\u00e8re et ses dirigeants ont \u00e9limin\u00e9 \u201ela classe exploratrice\u201d en imposant \u201ela d\u00e9mocratie populaire\u201d. C&#8217;\u00e9tait tr\u00e8s risqu\u00e9, aussi bien pour les femmes que pour les hommes, de porter dans la rue un manteau de bonne qualit\u00e9, avec un col en fourrure, et m\u00eame un chapeau. <\/p>\n<p align=justify>L&#8217;oeil vigilant et la rage prol\u00e9taire pouvaient envoyer le porteur imprudent directement dans les sous-sols de la Securitate et ensuite au Canal. C&#8217;est pour cela que les anciennes \u00e9lites, pour se confondre dans la masse anonyme et grise, devaient adh\u00e9rer \u00e0 la soi-disante mode de l&#8217;\u00e9poque. <\/p>\n<p align=justify>Le mouchoir a remplac\u00e9 le chapeau \u00e0 voilette, le collant en coton celui en soie naturelle, les bottes en caoutchouc les chaussures en cuir fin, et l&#8217;imperm\u00e9able se devait d&#8217;\u00eatre le plus neutre possible. Les hommes ont renonc\u00e9 au chapeau pour la chapka, ont laiss\u00e9 tomber les cravates pour des chemises non-ferm\u00e9es, des gilets en laine m\u00e9diocrement tricot\u00e9e et des vestes modestes et bon march\u00e9. Le type star d&#8217;Hollywood \u00e9tait disparu en faveur du type travailleur abruti et n\u00e9gligent. La parka &#8211; grand succ\u00e8s du design sovi\u00e9tique \u2013 \u00e9tait devenue l&#8217;article vestimentaire le plus pris\u00e9 car elle tenait chaud et \u00e9tait aussi tr\u00e8s r\u00e9sistante. Ce qu&#8217;ils \u00e9taient heureux ceux qui en recevaient une de la part du comit\u00e9 d&#8217;entreprise ! <\/p>\n<p align=justify><em>Sic transit gloria mundi<\/em>!\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par le Dr. Adrian-Silvan Ionescu traduit du roumain par Cristina Anghel\u00a0\u00a0 Toutes les dames avaient commenc\u00e9 \u00e0 porter l&#8217;imposante crinoline. \u00c0 partir de 1835-1840, la jupe prend de l&#8217;ampleur et est soutenue de nombreux jupons superpos\u00e9s. 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