Le MÉKONG, Boussole Secrète

de Thierry Quintrie Lamothe

 

Frêles lumières posées sur le fleuve-cendre,

Le vert, l’indigo tourbillonnent avec l’orange,

Fleurs jetées et bougies allumées se mélangent,

le temps de voir la clarté des souvenirs tendres.

Face aux miroirs trompeurs où se pose l’aigrette,

Hypnotisée par le cours lent entre les sables,

Éclat solaire, ombre sensuelle et vulnérable.

Revoir l’enfance comme boussole secrète.

 

Le vent retrousse le Mékong en vagues courtes.

Arrivent de vieux pêcheurs dans leur brouhaha,

Fébriles de toucher un cheveu du Bouddha,

Les bancs sablonneux laissent surgir quelques boutres.

 

Éphémère sirène, la fille a des ailes.

Au rythme du pas des buffles, coulent les eaux,

Un chant d’oiseau étreint la nuit comme un écho,

Danse sur la braise et chasse les étincelles.

 

Les couleurs voltigent dans la fine poussière,

La fresque éphémère dessinée à la craie,

Seule trace mauve d’un massif lazaret,

Lourd piétinement des éléphants sur la terre.

 

Se mêlent vite aux rires étouffés des enfants,

Les bonzes enivrés d’encens fuient leur pagode,

Long fil argenté d’une course de pirogues,

Étiré dans le miroitement du moment.

 

Le jour vibre dans l’intense chaleur poisseuse,

Coulée métallique dans le creux de la main,

Coeur battant le long des rives jusqu’au matin,

Pas un souffle d’air ne trouble la fête heureuse.

 

 

 

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