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Psychopompe

par Ştefan Bolea
traduit d’anglais en français par Zac Egs
 
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La guerre a commencé. Je suis sous couverture. Seulement ceux qui peuvent voir l’autre côté peuvent se rendre compte que je porte l’uniforme de l’ennemi. L’uniforme du nonhumain, du monstre. (D’une manière technologique, Houellebecq décrit ce que Cioran et Lautréamont ont esquissé. Tout simplement que vous êtes à la morgue et que vous n’avez aucune idée de ce que c’est.) Dois-je me déguiser ? Je ne pense pas qu’ils me remarqueraient, ils ne sont pas des prophètes). Ils prennent leur revanche sur ceux qui ont le don de voyance : ils les enferment ou les envoient vers le désert, comme des esclaves. (Les portes de l’ascenseur ne s’ouvriront plus. Confortez-vous. Êtes-vous jamais allés sur le toit du monde ?) (De l’effort ? Ne pouvez-vous pas écrire avec du sang quand vous avez du fuel coulant dans vos veines?) (Qui êtes-vous? La bombe se cachant aux pieds du postmodernisme? (Une bombe comme un frémissement qui attend son heure? Bombe intrinsèque.) (Encore Corso? Encore Benn?) Si je ne portais pas le masque, ils m’attraperaient et me mettraient à mort. Comme je le suppose, je suis leur mort. Ils ont peur de moi. Ils cachent leur peur derrière un mépris. Sous les coups de fouet. Sous la punition de l’existence, pour citer Anaximandre. “Jamais libre, jamais moi.”Je suis une nouvelle race. Je suis un papillon de la théorie du chaos, celui qui ouvre la voie à l’apocalypse. Je suis l’emblème du nihilisme, la lettre Oméga en flammes. Je suis deux lignes au-dessus du vide et la Némésis s’élève au-dessus de moi. Si ‘le Rien’ est la seule chose capable de dissoudre Dieu, alors je suis l’antidote pour le poison représenté par l’homme. Vitriol. Je me balade autour de la frontière après m’être accroché au centre. Il y a une bouffée de pourriture venant de sa fondation. Je me demande quand tu es mort. 1792? 1600? 999? Vous êtes tous optimistes. Je considère le Christianisme comme un symbole du vouloir-mourir – qui était quand la puanteur entra dans nos corps lourds. Le Christianisme poussa tel un ver qui se déversa entre les dents d’Ève. Vous êtes tous avilis et je suis le remède : l’Anti-homme. Mes prédécesseurs : Anti-Créateur, Antipape, Anti-divinité. Vous me regardez mais vous ne pouvez me voir. Vous ne faites point usage de vos deux yeux, à la façon d’Oedipe. Vous pouvez passer en moi mais vous ne pouvez savoir qui je suis.
 

Pourquoi suis-je poli?
Pourquoi suis-je en train de me raser? (Pourquoi ne laisserai-je pas mes cheveux pousser?
Pourquoi suis-je en train d’imiter le singe au bout de votre langue ?) A cause du calcul. Vous me lyncheriez si vous saviez qui j’étais. King Kong est en train de préparer le lanceroquettes.
King Kong a sa main sur la fusée. King Kong a un sac plein de grandes, un chaudron de mines. King Kong a un millier de chars. Je viens pour abolir la mort de la vie.
 

(votre) vie : la mort
(ma) mort : la résurrection
(votre) mort : la vie. La mienne.
Le gilet pare-balles ne vous protège pas de l’épine qui est dans votre coeur.

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